La régulation émotionnelle peut sembler impossible à certains moments.
Ce n’est pas un signe de faiblesse ou d’échec.
Il existe plusieurs facteurs réels qui peuvent compliquer la gestion des émotions, même si vous faites de votre mieux.
Dans cette leçon, vous allez explorer les obstacles les plus fréquents à la régulation émotionnelle — pour mieux les reconnaître, et commencer à les surmonter.
Facteurs qui rendent la régulation émotionnelle plus difficile
Biologie
Certains facteurs biologiques peuvent vous rendre plus sensible ou plus réactif.
Cela peut inclure la génétique, la chimie du cerveau, des antécédents de trauma ou des conditions médicales (comme l’hypothyroidie, les traumas crâniens etc).
Manque de compétences
Parfois, vous ne savez tout simplement pas quoi faire.
Il est normal de ne pas avoir appris à réguler ses émotions — cela s’apprend.
Renforcement du comportement émotionnel
Votre entourage réagit positivement ou négativement lorsque vous êtes très émotionnel·le (par exemple, on vous accorde plus d’attention).
Cela peut involontairement renforcer ce comportement.
Sautes d’humeur
Votre humeur du moment prend le dessus sur votre capacité à penser clairement.
Il se peut aussi que vous ne soyez pas en mesure d’investir temps et énergie pour réguler vos émotions.
Surcharge émotionnelle
Quand votre émotion est trop intense, votre cerveau est en état d’alarme.
Dans ces moments-là, il devient très difficile d’utiliser les compétences apprises ou de faire un choix réfléchi.
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Mythes sur les émotions
Certaines croyances erronées sur les émotions peuvent vous empêcher de les gérer efficacement.
Ces idées fausses entretiennent la honte, l’évitement ou la peur des émotions.
Les mythes qui nuisent à la régulation émotionnelle
Voici une liste de croyances fréquentes, souvent apprises ou entendues dans notre environnement. Elles peuvent interférer avec votre capacité à accueillir, comprendre et réguler vos émotions.
Chaque affirmation peut être remise en question.
Mythe | Remise en question |
1. Il y a une façon juste de se sentir dans chaque situation. | Est-ce que plusieurs réactions émotionnelles peuvent coexister ? |
2. Faire savoir aux autres que je me sens mal est une faiblesse. | Ou est-ce un signe de courage et d’authenticité ? |
3. Les sentiments négatifs sont mauvais et destructeurs. | Et s’ils étaient naturels et porteurs d’un message ? |
4. Être émotionnel signifie perdre le contrôle. | Peut-on ressentir beaucoup et rester maître de ses choix ? |
5. Certaines émotions sont stupides. | Les émotions sont-elles vraiment “intelligentes” ou “bêtes” ? |
6. Toutes les émotions douloureuses sont le résultat d’une mauvaise attitude. | Et si elles étaient normales dans certaines situations ? |
7. Si les autres n’approuvent pas mes sentiments, je ne devrais pas les ressentir. | Est-ce que mes émotions ont besoin d’approbation ? |
8. Les autres savent mieux que moi ce que je ressens. | Qui est mieux placé que moi pour ressentir ce que je ressens ? |
9. Les émotions douloureuses ne sont pas importantes. | Et si elles indiquaient un besoin à écouter ? |
10. Les émotions extrêmes mènent plus loin que la régulation. | Ou peut-on avancer plus sereinement en régulant ? |
11. La créativité nécessite des émotions intenses et incontrôlables. | Peut-on créer sans se brûler ? |
12. Le dramatique, c’est intéressant. | Ou est-ce parfois une manière de fuir le vrai ressenti ? |
13. Ce n’est pas authentique de vouloir changer mes émotions. | Peut-on être soi-même tout en évoluant ? |
14. Seule la vérité émotionnelle compte. | Et la vérité factuelle, les deux ne peuvent-elles pas coexister ? |
15. On devrait toujours faire ce qu’on ressent. | Ou réfléchir avant d’agir peut parfois nous protéger ? |
16. Agir selon ses émotions, c’est être libre. | Ou est-ce parfois se laisser diriger sans choix réel ? |
17. Mes émotions sont qui je suis. | Et si j’étais plus que ce que je ressens dans l’instant ? |
18. Mes émotions sont la raison pour laquelle on m’aime. | Est-ce qu’on peut m’aimer pour toute ma personne ? |
19. Les émotions peuvent survenir sans raison. | Peut-on toujours identifier un déclencheur, même subtil ? |
20. On devrait toujours se fier aux émotions. | Ou faut-il parfois les confronter aux faits ? |
Exemple : Quand un mythe et la surcharge prennent le dessus
Situation :
Sarah a eu une discussion tendue avec sa sœur. Sa sœur lui reproche d’être « trop émotive » et de « toujours pleurer pour rien ». En raccrochant, Sarah sent monter une forte tristesse, accompagnée de colère et de honte.
Ce qui se passe en elle :
- Surcharge émotionnelle : elle se sent débordée par ses émotions. Elle a l’impression qu’elle va s’effondrer ou exploser.
- Mythe activé : elle pense : « Si je ressens ça, c’est que je suis faible. Je devrais être capable de passer à autre chose. »
- Manque de compétence active : elle n’a pas encore appris comment apaiser sa détresse sans s’en vouloir.
Conséquences :
Au lieu de prendre soin d’elle, Sarah s’isole, rumine, et se juge sévèrement. Elle évite de répondre à ses messages et repousse un rendez-vous prévu avec une amie, convaincue qu’elle est « trop intense » pour être aimée.
Avec les compétences TCD, Sarah pourrait :
- Reconnaître qu’elle vit une surcharge émotionnelle et qu’elle a besoin d’une stratégie de tolérance à la détresse (comme se rafraîchir le visage ou se concentrer sur sa respiration).
- Remettre en question le mythe : « Est-ce que pleurer, c’est vraiment être faible ? Ou est-ce une façon naturelle d’exprimer une douleur ? »
- Utiliser la pleine conscience pour observer ses émotions sans jugement : « Je ressens de la tristesse et de la honte. Ce sont des émotions humaines. Je peux les accueillir sans m’y noyer. »
- Se rappeler que ce n’est pas l’émotion qui est le problème, mais la façon de la traiter.
Pour aller plus loin
Nous vous invitons à regarder cette vidéo de l’équipe de www.tcdmontreal.com qui évoque les facteurs qui compliquent la régulation des émotions
Cette vidéo de l’équipe du CISSS Lanaudière
Et cet épisode de la baladodiffusion « Compétences TCD » pour en apprendre plus sur les facteurs qui compliquent la régulation des émotions, ici et sur Spotify:
En résumé
Reconnaître ce qui empêche la régulation émotionnelle est une étape essentielle pour apprendre à faire autrement.
Ce n’est pas que vous êtes “trop émotif·ve” — c’est que vous n’avez pas encore les outils ou que certains obstacles invisibles se mettent en travers de votre chemin.
Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant votre santé mentale ou comportementale, veuillez en parler à votre professionnel de santé ou à un professionnel de la santé mentale. Cet article s’appuie sur des recherches évaluées par des pairs ainsi que sur des informations provenant de sociétés de santé comportementale et d’agences gouvernementales. Cependant, il ne remplace en aucun cas les conseils, le diagnostic ou le traitement d’un professionnel qualifié.
