14.4. GIVE – Maintenir l’efficacité relationnelle

Que signifie GIVE?

Maintenir une relation de qualité tout en affirmant ses besoins est un défi courant. La TCD propose un outil simple mais puissant pour y parvenir : l’acronyme GIVE.

Il s’agit de quatre compétences essentielles pour préserver les liens avec les autres, même dans les moments de désaccord ou de tension.

GIVE signifie :

  • Garder la bienveillance
  • S’intéresser à l’autre
  • Valider
  • Être cordial

Ces compétences s’intègrent à tout échange où la relation a de l’importance, qu’il s’agisse d’un partenaire, d’un collègue, d’un ami, ou même d’un inconnu dans une situation difficile.

Garder la bienveillance

La bienveillance consiste à adopter une attitude respectueuse, douce et non violente, même lorsque l’on exprime un désaccord. Il s’agit de choisir des mots et des gestes qui n’attaquent pas l’autre.

Concrètement, cela signifie :

  • Éviter toute forme d’attaque verbale ou physique.
  • Exprimer son mécontentement sans menaces ni manipulations.
  • Refuser de juger ou de donner des leçons de morale.
  • S’interdire les marques d’irrespect : moqueries, regards méprisants, ton sarcastique ou gestes brusques.

Rester bienveillant ne veut pas dire s’écraser ou renoncer à son point de vue. Cela veut dire affirmer ses besoins sans blesser l’autre inutilement.

S’intéresser à l’autre

S’intéresser, c’est prendre le temps de réellement écouter ce que vit l’autre, même si l’on est en désaccord. Il s’agit de manifester de la curiosité et de l’attention à travers son attitude, son regard, sa posture.

Cela implique :

  • Écouter sans interrompre.
  • Ne pas supposer ce que pense l’autre sans lui demander.
  • Être présent, avec un contact visuel, une posture ouverte.
  • Accepter que l’autre puisse vouloir remettre la discussion à plus tard.

On peut choisir de jouer le jeu de l’intérêt même quand on ne ressent pas de curiosité spontanée. Ce n’est pas de l’hypocrisie, mais un acte de soin envers la relation. Montrer de l’intérêt, même minimal, peut désamorcer bien des tensions.

Valider

Valider, c’est reconnaître que les émotions, pensées ou réactions de l’autre ont un sens dans son contexte. Cela ne veut pas dire que l’on est d’accord, mais que l’on comprend pourquoi l’autre réagit de cette manière.

Exemples de validation :

  • “Je vois que c’est difficile pour toi.”
  • “Je comprends que tu sois frustré.”
  • “Tu as raison, ça aurait mérité plus d’attention.”

Il est aussi possible de valider sans mot, par un hochement de tête, un silence attentif, ou un simple “oui” empathique. On peut valider une émotion sans cautionner le comportement qui en découle.

Par exemple :
“Je comprends que tu aies envie de crier parce que tu te sens ignoré. Mais j’aimerais qu’on essaie d’en parler calmement.”

Valider, c’est construire un pont. C’est dire à l’autre : “Je te vois. Tu comptes.”

Être cordial

Être cordial, c’est injecter de la légèreté dans la relation. Cela passe par un ton plus détendu, un sourire, une touche d’humour, un mot gentil. Cela ne signifie pas fuir les sujets sérieux, mais éviter d’ajouter de la dureté inutile.

C’est l’art de dire les choses fermement, mais sans tension. Cela peut se manifester par :

  • Un sourire franc.
  • Une remarque humoristique pour détendre l’atmosphère.
  • Un ton calme et posé, même en cas de désaccord.
  • Une posture ouverte, souple, non rigide.

La cordialité rend les échanges plus fluides, et permet souvent d’ouvrir des portes que la confrontation ferme.

Exemple-GIVE lorsqu’on nous adresse un reproche

Marie reproche à Paul d’avoir oublié leur anniversaire. Paul, pris au dépourvu, pourrait se défendre ou minimiser :
“Tu exagères, on ne peut rien dire avec toi.”

Mais s’il applique les compétences GIVE, sa réponse pourrait être :
“Je vois que tu es blessée, et ce n’est pas ce que je voulais. Je comprends que cette date compte pour toi. J’aimerais qu’on en parle, si tu veux. Et si tu veux, ce soir, je t’invite où tu veux pour qu’on le fête à notre manière.”

Ici, Paul reste bienveillant, montre de l’intérêt, valide l’émotion de Marie, et reste dans une attitude ouverte et détendue. Il prend soin de la relation.

Pour aller plus loin

Nous vous invitons à regarder cette vidéo:

Et celle ci:

Pratique

  1. Analyser une situation passée
    Repensez à un échange difficile. Essayez d’identifier ce que vous avez dit ou fait pour chaque composante de GIVE. Où avez-vous été efficace ? Où auriez-vous pu faire autrement ?
  2. Écoute active en binôme
    Parlez d’un sujet personnel à quelqu’un. Demandez-lui de vous écouter avec attention (regard, posture, silences). Puis recommencez, cette fois avec une écoute distraite. Observez l’effet que cela produit.
  3. Validation en situation tendue
    Imaginez une personne qui vous reproche quelque chose. Entraînez-vous à répondre en validant son émotion, sans vous justifier tout de suite. Exemple :
    “Je comprends que tu sois déçu. C’est important pour toi, je le vois.”

Si vous pratiquez la compétence GIVE cette semaine, écrivez les résultats dans cette fiche de travail 

Foire aux questions (FAQ)

Est-ce que valider, ce n’est pas se soumettre ?
Non. Vous pouvez valider l’émotion de l’autre tout en maintenant votre désaccord. Dire “Je comprends que tu sois en colère” ne veut pas dire “Tu as raison de m’accuser.”

Et si je n’ai pas envie d’être gentil ?
L’objectif de GIVE n’est pas d’être “gentil”, mais d’être efficace. Il s’agit de ne pas saboter une relation que vous souhaitez préserver, même si vous êtes frustré.

 

Et si l’autre n’utilise pas GIVE avec moi ?
Vous ne contrôlez pas l’attitude des autres, mais vous pouvez choisir d’agir avec intégrité et habileté. Dans bien des cas, GIVE désamorce la tension et invite l’autre à s’adoucir aussi.

Peut-on appliquer GIVE par message ou en ligne ?
Oui, tout à fait. Il suffit d’écrire avec attention : choisir ses mots avec respect, valider les émotions de l’autre, et adopter un ton courtois et léger. Même un simple “Je comprends que ce soit difficile pour toi” peut apaiser l’échange.

En résumé

Appliquer GIVE, c’est faire le choix de la maturité relationnelle. C’est savoir poser ses limites tout en prenant soin du lien. Cela demande de la pratique, mais les résultats sont souvent étonnants : plus de calme, de respect, et une meilleure capacité à être entendu.

Entraînez-vous. Ces compétences ne sont pas innées, elles s’apprennent, comme un langage nouveau pour mieux vivre avec les autres.

Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant votre santé mentale ou comportementale, veuillez en parler à votre professionnel de santé ou à un professionnel de la santé mentale. Cet article s’appuie sur des recherches évaluées par des pairs ainsi que sur des informations provenant de sociétés de santé comportementale et d’agences gouvernementales. Cependant, il ne remplace en aucun cas les conseils, le diagnostic ou le traitement d’un professionnel qualifié.