Lorsqu’on vit une émotion difficile, il est essentiel de vérifier si elle correspond à la réalité. Parfois, cette simple vérification suffit à réduire l’émotion. Mais si ce n’est pas le cas, il faut alors décider quoi faire : changer la situation ou changer notre réponse émotionnelle. Deux stratégies sont possibles : la résolution de problèmes ou l’action opposée. Cet algorithme aide à choisir la bonne approche.
Trois manières de modifier une émotion difficile
Dans la régulation des émotions, on apprend trois façons principales de gérer une émotion qui cause de la souffrance ou qui revient trop souvent :
- Vérifier les faits : quand l’émotion repose sur une interprétation erronée, rectifier cette interprétation peut suffire à la faire diminuer.
- Résoudre le problème : quand l’émotion est une réponse à une situation concrète qu’on peut modifier.
- Faire l’action opposée : quand suivre l’impulsion émotionnelle aggrave la situation, il faut agir à l’inverse de ce que l’émotion nous pousse à faire.
Comment savoir quoi faire ?
Nous vous proposons un cheminement en plusieurs étapes pour décider de la meilleure stratégie.
- Est-ce que l’émotion ressentie (et son intensité) correspond aux faits ?
Si oui, on passe à l’étape suivante.
Si non, on examine d’abord si agir sur cette émotion est utile.
- Si l’émotion correspond aux faits, est-ce qu’agir sur elle est efficace ?
– Si oui :
Il peut être utile de suivre cette émotion. Il n’est pas toujours nécessaire de la diminuer. Parfois, elle nous protège ou nous motive.
Exemples :
- La peur d’un danger réel nous pousse à éviter un risque.
- L’amour envers quelqu’un de fiable et respectueux mérite d’être pleinement vécu.
- La colère face à une injustice peut être utilisée pour affirmer ses droits.
C’est aussi dans ce cas que la résolution de problèmes est pertinente : si l’émotion reflète bien la réalité, alors changer cette réalité peut alléger ce que l’on ressent.
– Si non :
Même si l’émotion est compréhensible, agir selon elle n’est pas la meilleure option.
Il vaut mieux faire une action opposée : adopter un comportement inverse à l’impulsion émotionnelle.
- Si l’émotion ne correspond pas aux faits et qu’agir sur elle n’est pas efficace
Il est alors recommandé de ne pas suivre cette émotion.
On peut :
– Réévaluer nos pensées pour les réaligner avec la réalité, ce qui suffit parfois à calmer l’émotion.
– Faire une action opposée, car le comportement influence aussi ce que l’on ressent.
Exemples :
- Après une chute à cheval, on a peur de remonter, même si le cheval est calme. Reprendre la monte permet de réduire cette peur.
- On pense qu’on n’aura jamais de travail, ce qui pousse à l’inaction. Postuler malgré tout, c’est faire l’action opposée.
- Si l’émotion ne correspond pas aux faits mais que l’action qui en découle semble efficace pour nous
Il est important d’être conscient que ce que l’on fait peut avoir des conséquences.
Dans ce cas, on peut choisir d’agir, mais il faut le faire de manière consciente et accepter les effets possibles.
Exemple : Se mettre en colère pour se sentir puissant peut faire du bien sur le moment, mais cela peut endommager une relation importante.
En résumé
Avant d’utiliser une stratégie, il faut toujours commencer par vérifier si l’émotion ressentie correspond bien aux faits.
Si c’est le cas, et si agir sur cette émotion est utile, il est logique de la suivre ou de résoudre la situation.
Si ce n’est pas le cas, ou si suivre l’émotion aggrave les choses, c’est là qu’intervient l’action opposée.
Enfin, même une émotion non fondée peut parfois nous pousser à agir d’une façon qui nous fait du bien. Dans ce cas, le choix nous appartient, à condition d’en accepter les conséquences.
Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant votre santé mentale ou comportementale, veuillez en parler à votre professionnel de santé ou à un professionnel de la santé mentale. Cet article s’appuie sur des recherches évaluées par des pairs ainsi que sur des informations provenant de sociétés de santé comportementale et d’agences gouvernementales. Cependant, il ne remplace en aucun cas les conseils, le diagnostic ou le traitement d’un professionnel qualifié.
